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La parité Euro-Dollar…

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 Dans un contexte de sortie de crise, la parité entre Euro et Dollar suscite évidemment toutes les attentions. Malgré une tendance à la baisse, l'Euro se porte bien face à son "homologue" américain qui, lui, peine à se relever. Alexandre Bourgeois, chef économiste adjoint chez Natixis, commente les causes et les effets de ce rapport de force monétaire sur l'économie mondiale et sur la compétitivité des entreprises. Explications.

 

 

 

Quelles sont les origines de la faiblesse du Dollar face à un Euro fort ?

Alexandre Bourgeois : Entre 2002 et 2008, nous avons assisté à une phase quasi-continue de dépréciation du Dollar qui a conduit l'Euro à passer progressivement d'un taux de change de 0,85 en 2002 à plus de 1,60 Euro en 2008. Ensuite, deux événements intervenus à l'été 2008 ont totalement inversé ce mouvement. La Chine a décidé en juillet 2008 de refixer sa devise par rapport au Dollar américain. En conséquence, ce dernier s'est vu réapprécié. Le deuxième élément est lié à la faillite de Lehman Brothers qui s'est traduite par une vague de panique au niveau des marchés financiers. Dans ce contexte le Dollar, principale devise du système monétaire international, est redevenu une valeur de réserve jusqu'au printemps 2009. A ce moment là, les opérateurs financiers sont redevenus plus optimistes. Ce phénomène de valeur de réserve du Dollar a commencé à faiblir. Il s'est alors à nouveau déprécié dans une période où les taux d'intérêt américains étaient les plus faibles de leur histoire favorisant ainsi la spéculation et l'endettement dans cette devise. Aujourd'hui (janvier 2010), le Dollar est en cours de réappréciation en partie due aux chiffres de l'emploi américain bien meilleurs que les prévisions.

Avec cette tendance à la hausse du Dollar, que pouvons-nous attendre en 2010 ?

Alexandre Bourgeois : Il est difficile d'établir une prévision dans le domaine des taux de change. Chez Natixis, nous estimons néanmoins que l'amélioration de l'emploi américain n'est pas aussi fort qu'il n'y paraît et que les fondamentaux de l'économie américaine demeurent fortement dégradés avec un endettement public important. Cela nous laisse donc envisager une hausse de l'Euro par rapport au Dollar à l'horizon 2011.

Quelles sont donc les conséquences d'un Euro fort pour des sociétés implantées en Europe ?

Alexandre Bourgeois : Une devise forte avantage dans un premier temps les consommateurs. Cela leur permet d'acheter des produits importés à moindre coût. En revanche, cela défavorise les producteurs européens qui souhaitent exporter. Avoir une devise forte conduit également à avoir une concurrence sur le marché intérieur par l'importation de produits étrangers. Pour la zone Euro qui dispose d'une dynamique interne relativement faible, une devise forte pose de réelles difficultés sur son dynamisme économique. Depuis trente ans, l'Euro-Dollar n'a jamais été aussi fort. Cela pose un véritable problème de compétitivité pour les entreprises françaises et européennes à la fois à l'export et sur le marché domestique. Elles sont mises en concurrence avec les sociétés américaines et étrangères qui sont liées au Dollar. Les entreprises européennes sont donc en forte concurrence avec la zone Dollar.

Comment trouver des parades à cette problématique ?

Alexandre Bourgeois : Pour être beaucoup moins soumis à la "tyrannie" du taux de change, les entreprises doivent monter en gamme pour sortir de la concurrence des prix. La qualité permet ainsi de sortir "par le haut" de cette compétition. Il est vital pour les groupes français d'innover et d'investir dans le domaine de la R&D pour proposer des solutions toujours plus performantes, favorisant ainsi la différenciation. L'autre éventualité pour inverser cette tendance est l'installation de filiales en zone Dollar afin de bénéficier des avantages de la devise et ainsi contourner le handicap lié à l'exportation des produits. Ce type de décision est néanmoins pénalisante pour l'économie européenne.

Propos recueillis par Nicolas Solomas

 

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